Simon, peintre écrivain voyageur  
 
 
 
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Dans les mains du soleil

Une interview pour un livre en préparation sur la "Carnet de Voyage et Art contemporain" où, pour une fois, on m'a posé des questions percutantes. Extraits :


- Huit ans après votre premier livre sur l'Inde, vous en publiez un second. Vous avez encore des choses à dire ?


- J'ai horreur de me répèter. Autre voyage, autre style, autre langue. "Au corps de l'Inde" était un voyage au long cours en solitaire, six mois, écrit dans une langue nerveuse, phrases courtes, incisives, avec des dessins monochromes sépias. Ici, voyage court, en amoureux, avec une immersion dans la couleur, le collage et la matière qui traduisent ma perception à la fois plus charnelle de l'Inde et tout le chemin que j'ai parcouru comme carnettiste depuis dix ans. Et surtout, le travail sur la langue est radical : depuis longtemps je cherchais une langue proliférante pour exprimer mon ressenti de l'Inde : j'ai travaillé le texte de "Dans les mains du soleil" comme une fouille torride dans la chair transpirante de l'Inde. C'est un voyage dans le corps de la langue autant que dans un univers.


- Vous êtes l'un des rares à attacher autant d'importance au texte qu'à l'image dans le carnet de voyage. Ce n'est pas avoir le cul entre deux chaises ?


- Pour moi, un pays n'existe pas tant qu'une langue ne lui a pas donné corps. J'ai découvert l'Amérique en lisant Fenimore Cooper, Jack London, et puis Steinbeck et puis Kerouac et Miller : cette Amerique-là a  plus de réalité que n'en aura jamais l'Amerique réelle. Le monde advient par les mots et mon boulot c'est de réinventer l'Inde, par exemple, avec mes mots et mon pinceau. Si vous travaillez dans le genre "carnet de voyage", considéré comme mineur - ce qu'il est - vous n'êtes pas pris au sérieux car l'écriture c'est en général du pipi de chat. J'essaye de hisser le genre du carnet de voyage à une vraie hauteur d'écriture et de création plastique. Je défends cette batardise-là : montrer et raconter. Et je souffre vraiment du manque de considération des médias littéraires sur mon travail : je ne suis même pas lu.


- On dit que la vogue du carnet de voyage est retombée. Vous en pensez quoi ?


- Il y a deux phénomènes inverses : le carnet de voyage n'a jamais été aussi à la page qu'aujourd'hui ; en tant que phénomène de société, son succès croît de jour en jour, la pratique se répand partout, dans les écoles, chez les voyageurs ; les médiathèques font de plus en plus appel à nous, carnettistes, pour des expositions, des rencontres, etc. En revanche, l'édition s'est effondrée. Il est devenu presque impossible de publier un carnet de voyage aujourd'hui, même si votre travail fait autorité. La raison : les éditeurs ont tué la poule aux oeufs d'or en moins de dix ans. Pourquoi ? En produisant une quantité notoire de navets, d'une part : le public s'est lassé. En créant des collections complètement formatées d'autre part, alors que le carnet de voyage est un oiseau rare, unique, qui appelle une création éditoriale fine et singulière. Enfin, la logique de marché qui prévaut chez les grands éditeurs interdit la publication des carnets, qui ne sont pas des livres grand public, et qui coûtent cher à la fabrication. C'est la dictature des responsables du marketing. Nous en faisons tous les frais. Enfin, il n'y a jamais eu de critique décente du carnet de voyage, ni dans les journaux, ni dans les magazines. Donc les bons carnettistes ne sont pas portés par la critique, et les mauvais, les pisse-copies du voyage qui travaillent à la commande, à mille mille de l'esprit libre et aventureux des voyageurs, prolifère. La France n'a aucune conscience du talent qu'elle détient à travers ses créateurs ; les décideurs et les commerciaux s'ingénient à tuer ce qu'elle a de meilleur.


- Vous, malgré ces difficultés, vous continuez ?


- Pour vous servir.  Le voyage est pour moi un besoin vital, du genre boire, manger, aimer, pourquoi arrêter sous prétexte que la conjoncture est difficile ? Je n'ai pas attendu la mode du carnet de voyage pour en créer, je ne vais pas cesser parce que la mode est passée. C'est une espèce de seconde nature en moi, de bactérie créatrice si vous voulez,  dessiner, écrire, peindre, danser, je ne peux pas imaginer vivre sans la Chine et les Chinois, l'Inde et les Indiens, la France et les Françaises...



 
Carnets de voyage  Rajasthan Dans les mains du soleil


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